Arrivée hier soir tard, repartant demain, j’avais une journée à Lima. La ville étant réputée peu jolie, le temps étant froid et brumeux (c’est l’hiver ici), j’ai donc décidé de zapper la balade touristique et de vivre plutôt une journée ordinaire. Pas de photos donc dans cet article, celui / celle qui n’aime pas lire peut refermer cet onglet de suite !

Ayant décidé hier à l’aéroport de mon programme (la compagnie LAN demandant d’arriver 3h à l’avance, j’ai eu tout le temps de lire mon Routard !), j’ai consacré mon début de matinée à trouver un billet d’avion pour Iquitos, en Amazonie. Iquitos est en effet une ville paumée en pleine jungle, accessible uniquement par les airs ou par fleuve. J’arriverai donc par les airs, et je repartirai par fleuve !
Il me fallait donc trouver un t-shirt à manches longues pour mon expédition amazonienne. C’est plus complexe qu’il n’y parait. En effet, il faut un tissu suffisamment épais pour empêcher les insectes de me perforer la peau, tout en n’étant pas trop chaud, d’une couleur neutre et facilement lavable. Le tout pour un modeste budget. Je me suis ainsi retrouvée dans l’équivalent d’un petit Printemps, qui, le hasard fait bien les choses, soldait une bonne partie des articles. J’ai finalement opté pour un t-shirt marron en coton (je sais que ça vous fait plaisir de le savoir). Je me suis ensuite baladée dans deux marchés vendant divers articles (sacs, vêtements, bijoux, gadgets…), où j’ ai craqué pour un petit pendentif bleu. J’ai fini mon après midi au ciné. Cela faisait plusieurs jours que j’en avais envie (allant au ciné régulièrement, ça me manque pas mal), je me suis retrouvée à renifler devant The Fault in our stars avec une dizaine de personnes (le film traite de deux ados atteints de cancer, pas hypra hypra joyeux). C’est un assez bon film (je ne suis pas très fan du jeu d’acteurs et le message est quand même un brin simpliste à mon goût), qui a eu le mérite de me faire réfléchir. En effet, les protagonistes doivent à plusieurs moments affronter leurs peurs. Et je me suis rendue compte qu’au fur et à mesure de mon voyage, je laissais des peurs derrière moi : peur d’être jugée, peur d’être seule, peur de ne pas savoir me débrouiller… Et c’est vraiment appréciable. J’ai jusqu’à présent beaucoup écrit sur le voyage en tant que tel, sur ce que je vois. Pas suffisamment sur ce que ça m’apporte. Beaucoup de gens, parmi mes amis et les gens que j’ai rencontrés, m’ont demandé pourquoi je partais seule, comment je gérais la solitude. Au delà de la découverte, je considère ce voyage comme un traitement de choc, une renaissance. Il s’agit de casser des habitudes bancales, d’affronter des angoisses, d’apprendre à faire le tri entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas vraiment, finalement, et accepter de lâcher prise sur ce que je ne peux pas changer. Et je pense que c’est un processus qui se fait seule. Après, la solitude est relative. Il ne tient qu’à moi de me lier avec les gens que je rencontre, c’est au final assez facile. Mais, comme me l’a dit Pedro à Merida, il faut apprendre à être bien avec soi même avant d’espérer pouvoir être bien avec les autres.
Voilà, j’espère avoir répondu de façon relativement claire à ceux qui me posaient ces questions.

Je m’envole donc demain pour Iquitos, où je pense faire une expédition de quelques jours dans la jungle avant de remonter l’Amazone sur 4 ou 5 jours sur un petit bateau (je me rappelle avoir saoulé mes collègues avec ma lubie d’Amazone pendant un moment, je suis hypra enthousiaste de le faire enfin !!!!). Je ne suis donc pas sûre d’avoir accès à mes emails durant les 10 prochains jours (ce qui ne vous empêche pas de m’envoyer des messages que je serai ravie de lire une fois à nouveau connectée!). Si vous n’avez pas de nouvelles de moi d’ici 15 jours, soyez gentils, contactez l’ambassade de France de Lima, qu’on me repêche ! 🙂