8h de bus séparent Cuzco de Puno, la ville bordant le lac Titicaca (les agences de bus disent 7h. Sachez qu’ils mentent. Toujours.)
Ne me sentant pas de refaire une nuit en bus après l’expérience Nazca-Cuzco, je préfère prendre un bus de jour. Il n’y a qu’une seule compagnie qui propose un départ à 12h. Je la prends. Je suis rejointe par Esteban, rencontré la veille. Il me fait écouter du rock sud américain. Je dois malheureusement m’avouer incapable de faire la différence entre rock mexicain, argentin et colombien…
Le bus se révèle en fait être un bus populaire (ne jamais croire les photos montrées par les agences de bus. JAMAIS. Sauf pour Cruz del Sur). C’est une expérience intéressante ! En effet, les marchandes en tous genres se succèdent dans le bus, montant et descendant à la volée, proposant du pain (pas mauvais d’ailleurs), de la viande (oui oui), des boissons, du maïs… Bref, ces 8h sont animées ! La route quant à elle vaut vraiment le coup d’oeil :

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Le lendemain matin, direction les îles Uros, ou les îles flottantes. N’ayant qu’une journée à Puno, je préfère gagner du temps et passer par une agence. Je le déconseille. Les îles sont très jolies, mais en passant par une agence, on se retrouve avec une vingtaine de touristes sur une minuscule île avec des habitants qui se sentent obligés de nous faire un spectacle. Bref, mieux vaut se débrouiller par ses propres moyens.
Les îles sont une soixantaine, construites avec des gros blocs de terre, et recouvertes de roseaux, la sensation est étrange quand on marche dessus !

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Chaque île est habitée par quelques familles.

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De retour à Puno, je me dirige vers le terminal de bus. En voyant qu’il y a des bus pour Tacna, je n’hésite pas et réserve ma place pour le lendemain. Je renonce ainsi à voir Arequipa, ce qui m’évite surtout un autre nouveau trajet de 8h de bus, puisque ma destination finale au Pérou est Tacna.

J’ai ensuite l’après midi devant moi. Je décide d’aller à la presque île de Sillustani, sur laquelle se dressent des ruines pré-incas. Après quelques investigations, je me rends compte que le moyen le plus rapide et le plus économique est à nouveau de partir avec un groupe. Une fois de plus, l’organisation laisse à désirer, nous partons avec une heure trente de retard, ce qui ne nous laisse qu’une heure trente sur le site, ce qui n’est pas assez à mon goût.

Le site est magnifique !

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Il y a des stands de vêtements à la sortie, j’en profite pour acheter un poncho en laine (on perd plus de 20 degrés dès la tombée de la nuit à cette altitude, et il n’y a pas de chauffage dans les auberges de jeunesse, youhou !!), ce qui me rappelle mes années lycée (oui, j’avais un poncho au lycée, un grand truc violet que des personnes mal intentionnées qualifiaient de serpillière… J’ai longtemps été incomprise ^^).

Au retour, nous faisons un arrêt dans une ferme, ce qui me permet de faire la distinction entre :

L’alapga à poil court (mon préféré, je voudrais dormir dedans) :

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L’alpaga à poil long :

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Le lama, très dédaigneux :

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Dans le bus retour, Ryan, un australien bossant dans le bâtiment, m’explique que les péruviens sont exonérés d’impôts si leur maison n’est pas terminée. Ceci explique cela…

Pour mon dernier soir au Pérou, je décide de changer de l’habituel Lomo saltado (plat à base de boeuf ou de poulet, avec du riz et des petits légumes, typique et très bon) et de tenter l’alpaga malgré mes réticences (je trouve ça trop mignon). Je ne suis pas fan, ça ressemble un peu à du mouton mais en plus doux.

De retour à mon auberge, je fais connaissance avec César, un espagnol qui, depuis janvier, a remonté en vélo toute l’Amérique du Sud depuis Ushuaïa !!! Il me raconte avoir rencontré une famille qui faisait la même chose que lui, mais avec deux enfants de 4 et 6 ans, c’est assez impressionnant !

Hier matin, je prends mon bus pour Tacna. Encore une fois, publicité mensongère au vu du confort et de l’état de propreté du bus, mais pour le prix, je m’y attendais. C’est parti pour 8h, dans le froid le matin et la grosse chaleur l’après midi ! Nous faisons un arrêt en cours de route. Je pensais avoir vu les pires toilettes de ma vie dans un village près d’Iquitos, en Amazonie (dans une arrière salle, trois toilettes immondes, sans chasse d’eau (pratique!), séparées par des rideaux…), et bien non, celles d’hier ont gagné le premier prix ! Un trou dans le sol, trois murs en tolle, et pas de porte, avec tout le monde se promenant entre. Je préfère me retenir pour les 7h suivantes (je me surprends parfois à rêver d’immeubles modernes et aseptisés…).
Heureusement, là encore, le paysage vaut le coup d’oeil :

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Petit coup de stress en arrivant à Tacna, le terminal de bus pour le Chili n’est pas le même, et il est plus tard que prévu. Heureusement, mon voisin de bus, auprès de qui je m’étais renseignée, prend la peine de m’attendre et d’arrêter un taxi pour moi. Ce n’est pas la première fois que quelqu’un prend la peine de m’accompagner ou de se renseigner pour moi au Pérou, c’est vraiment très appréciable, les gens y sont vraiment gentils.
Arrivée au terminal international, nouveau petit coup de stress. Les agences sont fermées. Une femme me fait rentrer dans une file d’attente. L’homme devant moi me confirme que c’est pour Arica, au Chili. Je n’ai pas trop le temps de réfléchir, je suis les gens. Le passage à la frontière n’est pas très long, même si, une fois de plus, je suis obligée de jeter une banane et deux pommes. Je ne comprends pas cette interdiction de ramener des fruits dans un autre pays, et me fais avoir à chaque fois, c’est un peu frustrant !

A Arica, je tombe sur un chauffeur de taxi sympa, qui m’emmène retirer de l’argent (1 euro = 600 pesos, j’ai l’impression d’avoir une fortune sur moi alors que pas du tout…), et attend que le gérant de mon hôtel ouvre pour repartir. J’ai trouvé une minuscule chambre, propre, avec salle de bains partagée, propre, pour le prix d’une auberge de jeunesse, je suis ravie (mes exigences baissent de jour en jour !), du coup, je reste deux nuits, avant de reprendre demain un bus de nuit pour San Pedro de Atacama, où je resterai 5 ou 6 jours ! Je me sens mieux depuis que je ne suis plus à 3000-4000 mètres d’altitude, et il fait bien moins froid la nuit. Ma première impression du Chili est très positive, les gens ont l’air très gentils. Un homme a payé ma course de collectivo ce matin car je n’avais pas de monnaie, un autre a pris le temps de me renseigner alors que je regardais mon plan. Bref, à chaque fois je repense à mon médecin traitant, qui m’avait dit, en me faisant l’ordonnance pour mon tour du monde, je cite « Faîtes attention quand même, les gens ne sont pas des bisounours ». Je me dois de lui donner tort. 90% des gens que j’ai rencontrés ont été vraiment gentils, et les 10 autres % ont été, au pire, indifférents. Espérons que ça continue ainsi !

Pérou, le bilan :

Le Pérou est un très beau pays, et je serais curieuse de visiter le Nord lors d’un prochain voyage. Cela revient quand même assez cher, avec les grandes « attractions » que sont Nazca et le Machu Picchu. Néanmoins, ça le vaut !
Il n’y a pas énormément de vraies villes au Pérou, ce qui rend les trajets en bus très très longs. Il vaut donc mieux réserver à l’avance et prendre une bonne compagnie (Cruz del Sur, encore et toujours), ou, si on connait son trajet bien à l’avance, prendre des vols intérieurs qui ne sont pas excessivement chers. C’est donc assez fatigant de voyager au Pérou, et la notion de temps change. Je me retrouve parfois à dire des choses aussi aberrantes que « ça va, ce n’est qu’à 8h de bus » (!!!?!)…
Le seul point négatif, à mon sens, est que les Péruviens ne laissent pas passer : que ce soit au volant ou pour sortir du bus, il faut être rapide ou forcer le passage, sinon, vous avez le temps de mourir. Heureusement, les Chiliens ont l’air beaucoup plus civilisé à ce niveau !

J’ai du mal à réaliser que cela fait déjà 3 mois que je voyage, et que j’attaque mon 5è pays. Après de longues délibérations avec moi-même, j’ai décidé de ne pas visiter l’Argentine. Après avoir discuté avec pas mal de gens, je préfère vraiment rester plus longtemps (2 mois ou plus) en Nouvelle Zélande, que j’ai vraiment envie de visiter depuis très longtemps et où j’ai bien envie de faire de longues pauses à chaque étape. Je devrais y être dans un mois, j’ai hâte !!