Après près de 10 000 km plus ou moins chaotiques, Wilbert m’a finalement ramenée à bon port. C’est avec un petit serrement au coeur que j’ai conduit pour la dernière fois ce matin. Malgré ses mauvais côtés, Wilbert me manquera.

IMG_7238

On s’attache vite, en voyage. Aux choses, aux gens, à tout ce qui peut nous ancrer dans la réalité et nous apporter une certaine stabilité. Pendant 2 mois, Wilbert a été une extension de moi, en quelque sorte. J’espère qu’il ne tuera pas ses prochains conducteurs!

Le type de l’agence a un peu tiqué quand il a vu la jante (sa réaction exacte a été « Holy Shit ») :

IMG_7239

Mais quand je lui ai expliqué que ma « réparation » avait tenu 8000km, il a hoché la tête et m’a rendu ma caution !

N’ayant aucune envie de me balader dans Auckland avec tous mes sacs, je suis donc arrivée à 12.30 cet après midi à l’aéroport.
J’ai depuis eu le temps de : manger un ramen; trouver le bon spot pour me poser près d’une prise électrique; lire la moitié de Carrie; consoler une jeune allemande de 19 ans qui pleurait après avoir quitté la famille pour qui elle était au pair depuis un an; voir le premier volet du Seigneur des Anneaux. Revoir le film après avoir vu des lieux de tournage est assez magique, je m’y imagine vraiment !

Il est maintenant 21h15. Je dois m’enregistrer à 3h, mon avion part à 6h, j’arrive à Sydney 3h plus tard, j’ai 2h30 d’escale, puis un vol de 9h40 pour Bangkok. Il me faudra ensuite passer les contrôles de sécurité, récupérer mon sac, chopper un taxi et essayer de me faire comprendre. Les prochaines 24h vont être longues !

Mais revenons au sujet de départ, la Nouvelle Zélande ! Je pense que vous l’aurez compris au travers de mes nombreux posts, j’aime de tout mon coeur ce pays. Je pense que j’aurais pu y rester deux ou trois mois de plus sans me lasser. Et j’y reviendrai, c’est sûr !

Je ne sais même pas par où commencer ce bilan. La NZ est un pays grandiose. Que ce soient les montagnes, les lacs, les forêts ou les plages, tout vous coupe le souffle. Pour peu que vous soyez seul, balloté par le vent, vous pouvez facilement vous imaginer dans un autre monde. J’ai été émerveillée plusieurs fois depuis le début de mon tour du monde, mais jamais autant qu’ici. C’est une émotion difficile à décrire, celle qui vous étreint lorsque tout à coup, au détour d’un sentier, vous vous retrouvez face à un paysage d’une beauté irréelle. Un mélange d’émerveillement, d’apaisement, et de quelque chose d’autre, d’indéfinissable, qui vous gonfle la poitrine et vous amène presque les larmes aux yeux.

J’espère avoir réussi à vous transmettre un peu de mon amour pour ce pays, vous avoir donné envie de venir et de découvrir par vous-mêmes tout ce qu’il a à offrir.

Bon, après, il y a quand même quelques petites choses qui peuvent être agaçantes :

Le prix des légumes en hiver. Jusqu’à 12 dollars le kilo de tomates, je peux vous assurer que je n’en ai pas mangé beaucoup ! J’ai du coup grossi, comme quasiment toutes les filles que j’ai rencontrées ici. Triste vie. Heureusement, l’Asie devrait rétablir tout ça !

Le wifi, erratique, et souvent payant. Ce qui peut être problématique quand on bosse en ligne, comme moi.

Le coût de la vie en général.

Autrement, c’est plutôt génial !

Après avoir appris à lâcher prise en Amérique du Sud, j’ai ici gagné un certain apaisement. Je suis du coup curieuse de voir ce que l’Asie va m’apporter.

En attendant, je vous laisse méditer sur cette citation de Tolkien : All we have to decide is what to do with the time that is given to us.