Ne me sentant pas mieux après quelques jours de repos, et devant impérativement être guérie d’ici samedi, jour où je passerai la frontière vietnamienne avant de retrouver Cécilia à Hanoi dimanche, je finis ce matin par aller à la clinique de Sihanoukville.

Je n’aime déjà pas bien aller voir un médecin en France, je vous laisse imaginer mon bonheur ce matin. La clinique est mieux que ce à quoi je m’attendais. Vétuste, mais propre, même si les lits de malades dans les couloirs sont un peu difficiles à affronter. Les infirmières et médecins y parlent un anglais limité que j’ai parfois du mal à comprendre avec leur accent, mais je parviens à leur expliquer mon problème. Il faut leur reconnaître une certaine efficacité. 15 minutes après mon arrivée, j’ai vu un médecin, passé une radio des poumons et fait une prise de sang pour des analyses ! Peu de temps après, 4 médecins s’agitent devant ma radio. Je finis par leur demander s’il y a un problème. Oui, il y en a un, me répond une des médecins en partant avec ma radio. Je pense que ce moment rentre dans mon top 5 des moments les plus stressants de ma vie. « There’s something wrong », c’est fou comme ces simples mots peuvent faire tout basculer en quelques secondes. Je réprime une soudaine envie de pleurer et réponds « Ok ». Pour la première fois depuis le début de ce voyage, je me sens complétement seule au monde et démunie. Lorsque les médecins reviennent, ils me disent que finalement tout va bien. La tâche qu’ils avaient vu proviendrait de leur machine… En même temps, vu son âge… Deux heures plus tard, j’ai mes résultats sanguins. Tout va bien à part un très fort taux de CRP, Protéine C réactive. Le médecin qui m’a examinée me dit que cela indique une infection. Probablement localisée dans ma gorge. Pourquoi, comment, je n’en saurai jamais plus puisqu’il sort de la pièce aussitôt en me laissant un peu décontenancée avec l’infirmière et une longue liste de médicaments. Me voici donc partie pour 7 jours de traitement, en espérant que les médicaments agissent rapidement ! Tout ça m’aura coûté 73 dollars pour les soins, et 45 dollars pour les médicaments, ce qui ne me paraît pas excessif. Je vais maintenant avoir le plaisir de lire mon assurance santé pour comprendre comment me faire rembourser (non, je n’avais pas lu mon assurance santé avant. Je suis parfois d’un optimisme désarmant…).

Au final, malgré leur côté expéditif et la frayeur liée à ma radio, je suis assez impressionnée de l’efficacité des hôpitaux cambodgiens. Finalement, être malade à l’étranger, ce n’est pas si terrible !