J’ai passé les deux dernières semaines sur l’île de Phu Quoc. Mon arrivée y a été un peu difficile. Mon hôtel ne correspondait pas à la description, sans fenêtre, perdu dans une ruelle défoncée, ne disposant pas d’une connexion wifi suffisante pour que j’y travaille. Un peu découragée, je suis donc allée me promener en ville. A Duong Dong, la ville principale de l’île, se promener à pied est un cauchemar. Pas de trottoir, et surtout des mobylettes et des scooters partout, rendant la progression sur la route difficile. Cette balade m’a surtout permis de voir des bateaux :

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Au retour, je finis par accepter la proposition d’un motard de me ramener à mon hôtel. Il n’y a pas vraiment de taxi-motos officiels, les gens se font de l’argent en proposant leurs services aux touristes égarés. Je lui montre l’adresse de mon hôtel, il hoche la tête, je monte derrière lui. Nous partons… dans la mauvaise direction. Au début, je me dis qu’il y a peut-être une route plus simple que je ne connais pas pour rejoindre mon hôtel. Au bout de quelques minutes, je m’aperçois que nous sortons de la ville. Malaise. Je lui demande de s’arrêter, une fois, deux fois, la troisième fois je hausse vraiment le ton. Mon « chauffeur » finit par s’arrêter, je me rends compte qu’il ne sait pas où se situe mon hôtel. Je lui fais donc faire demi-tour pour regagner la ville et le laisse à un feu rouge, un peu échaudée par cette expérience. Je finis heureusement par retrouver mon chemin. De retour à mon hôtel, je pose mon sac et décide d’aller dîner. Il fait déjà nuit dehors, et il n’y a pas grand chose aux alentours. Les quelques gargotes où je tente ma chance sont un échec. On refuse de m’y servir à manger. J’ai donc dû me contenter d’un snickers et d’un coca (je refuse toujours de manger ma fameuse barre céréales). Le wifi de l’hôtel me permet tout juste de regarder d’autres hôtels dans les environs, à raison de l’ouverture d’une page toutes les 10 minutes. J’envoie quelques mails sans grand espoir. Au moment où je décide de prendre ma douche, je m’aperçois qu’il n’y a pas d’eau chaude. Je pense que s’il y avait eu un vol direct pour Paris, je l’aurais pris. Au bout du monde aussi, on peut avoir des journées particulièrement merdiques ! Le lendemain matin, je décide de faire comme tout le monde, et de louer un scooter. J’ai déjà parlé de mes déplorables antécédents en deux-roues. Mais après tout, il ne faut pas rester sur un échec. Et si tout le monde y arrive, pourquoi pas moi ? Mon hôtel me confie donc un scooter et la gérante m’explique rapidement comment se conduit cet engin de la mort.

L'engin de la mort
L’engin de la mort

Apprendre à conduire un scooter dans une ville où il y en a 5 au mètre carré est une des expériences les plus stressantes que j’ai eue depuis le début de ce voyage. L’avantage d’un tel trafic, c’est qu’on roule rarement à plus de 40km/h en ville. L’inconvénient, c’est qu’il y a des gens partout. Non seulement des motards, mais aussi des piétons, des enfants, des chiens, des poules et même des vaches. Il faut également faire attention à la route qui n’est pas toujours en bon état. J’ai finalement appris à conduire à l’asiatique. Regarder droit devant, klaxonner quand je dépasse, me ranger quand on me klaxonne, ne pas regarder derrière moi et prier pour que les gens qui arrivent sur les côtés s’arrêtent. Je suis prête pour conduire un deux-roues à Paris !!
J’ai finalement trouvé un café où petit-déjeuner, disposant d’une connexion wifi. Miracle, un hôtel m’avait répondu. Je m’y installe sans regret. J’ai un balcon, un wifi suffisamment bon pour bosser, la mer à 5 mètres, et un vrai petit déjeuner inclus :

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J’ai donc décidé de m’y poser pour deux semaines. Pour la première fois en 8 mois, j’ai pu ouvrir mon sac, en sortir toutes mes affaires, et les ranger dans un placard. J’en ai également profité pour améliorer mes compétences en scooter, je suis désormais capable de rouler à 80km/h. Gérard, mon nouveau scooter, a la tremblotte quand on va plus vite, du coup je n’ai pas osé aller trop vite. Des personnes désobligeantes ont dit avoir du mal à m’imaginer sur un scooter (oui Souhire, je parle de toi), voici donc la preuve (ça ne se voit pas, mais j’avais un casque Hello Kitty. Oui oui.):

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Beaucoup de routes (façon de parler, il n’y a pas 20 routes sur cette île) se terminent par des chantiers de construction. Si on m’avait dit qu’un jour je me retrouverais à faire du cross en scooter dans un chantier de construction dans une île du Vietnam, je ne l’aurais probablement pas cru. C’est une des choses que je trouve merveilleuse dans ce voyage, cette capacité constante à faire des choses improbables, que je ne me serais jamais cru capable de faire.

Gérard et moi avons ainsi pu aller explorer les plages du nord de l’île. Il faut traverser un petit village, puis un pont en bois branlant, et enfin prendre un chemin en terre, pour arriver sur des plages désertes.

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Dans le meilleur des cas, voici à quoi ressemblent les pistes :

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Vous m’excuserez de ne pas avoir pris de photos du pire des cas, j’étais occupée à ne pas mourir. J’ai ainsi pu expérimenter plusieurs types de pistes : en terre, en cailloux, et les casse-gueules, en sable.

Parcourir les routes en scooter m’a rappelé avec nostalgie (déjà!) mon road trip avec ce vieux fou de Wilbert en NZ. Je me rends compte que c’est vraiment ça, que j’aime : prendre la route sans savoir où je vais, m’arrêter où j’ai envie.

Au gré de mes pérégrinations, je suis tombée sur un lieu hautement improbable, Vinpearl Land, un parc d’attractions. J’ai un peu hésité à l’idée de payer 20 euros pour y entrer, mais je me suis dit que je ne recroiserai pas de sitôt un lieu pareil. Un parc d’attractions quasi-désert au beau milieu de nulle part.

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J’ai ainsi pu faire un tour de manège en l’ayant pour moi toute seule !

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J’ai par contre préféré m’abstenir d’essayer les autres manèges, et pas seulement parce que les souris ont l’air sous acide :

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J’ai déjà des doutes sur les conditions de sécurité à la foire du Trône, alors dans un parc désert au Vietnam… Après tout, une décapitation est bien vite arrivée !

Bonne surprise du parc, il y a un aquarium. N’allant quasiment au zoo ou voir des poissons, j’étais donc contente d’y faire un tour. Il y avait même des pingouins !

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J’ai passé le reste de mon séjour à me baigner, à lire les polars qui traînaient à la réception (ah, Mary Higgins Clark!), à bosser, et à manger des fruits.

Bilan d’un mois au Vietnam :

Le Vietnam est un pays aux paysages variés et magnifiques. Les gens y sont parfois d’un abord abrupt, mais ça ne les empêche pas de venir en aide quand il y en a besoin. Les infrastructures y sont en meilleur état qu’au Cambodge, de même que les transports que j’ai pu empruntés.

J’ai du mal à réaliser que demain, je serai en Birmanie. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre là-bas. J’ai également du mal à réaliser que dans 3 semaines, je serai de retour en France. Je rentre finalement , pour plusieurs raisons, le 9 février. Un maelstrom d’émotions contradictoires m’agite à cette pensée. Je suis prête à rentrer, je crois. Rechercher un hébergement est devenu quelque chose de franchement pénible, et je suis fatiguée à l’idée de refaire mon sac. Mais tellement d’incertitudes entourent ce retour. Jusqu’à présent, j’ai toujours eu l’impression, au cours de ce voyage, de suivre une route. Parfois avec des tournants abrupts, des montées, des descentes, des passages dans le brouillard, mais il y avait toujours cette route. J’ai tout à coup l’impression d’arriver au bout, et de n’avoir devant moi qu’un grand écran de fumée. Il me reste 3 semaines pour me décider à y pénétrer et découvrir ce qui s’y cache.