Dans 3 jours, cela fera 3 mois que je serai rentrée en France.

En 3 mois, je suis passée par un peu toutes les phases : exaltation, déprime, déconnexion, incompréhension, acceptation. 3 mois fatigants donc, qui m’ont demandé de me réadapter, de me soumettre à nouveau à un rythme spécifique, à une vie rangée. Savoir où je dormirai chaque jour, ce que je ferai, qui je verrai, tout cela a été beaucoup plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Mars notamment, avec sa pluie, sa nuit de bonne heure, son froid, m’a parfois plongée dans un désespoir terrifiant, me donnant l’impression d’être emprisonnée, d’étouffer. Avec avril et les beaux jours, mon moral est remonté. La perspective de quelques voyages m’a également aidée à me sentir mieux.

Mais rétrospectivement, je pense que cette période sombre a été paradoxalement salvatrice, en me permettant de prendre enfin des décisions qui s’imposaient depuis longtemps.

Je quitte donc mon sécurisant CDI fin juillet. En officialisant les choses aujourd’hui, j’ai eu l’impression de sauter d’une falaise, sans savoir si j’allais atterrir en douceur ou m’écraser. Une sensation de peur qui m’avait manqué. Car je me rends compte, qu’en ce qui me concerne, avoir peur me permet de savoir que quelque chose d’important est en train de se passer. Un changement.

Je n’ai pas la moindre idée de ce que je ferai à partir d’août. J’espère pouvoir me lancer en tant que freelance et repartir sur les routes en pouvant bosser de n’importe où. J’ai également l’envie de faire de l’humanitaire. J’ai vu une annonce recherchant des bénévoles pour donner des cours d’anglais dans des orphelinats en Asie pendant 6 mois, et l’idée me plait beaucoup. Cette incertitude quant à mon avenir, certes effrayante, m’apparait également comme libératrice. Car tout est possible. J’ai l’impression de me tenir à un moment de ma vie où je n’ai plus seulement une route en face de moi, mais 100, 1000 chemins différents qui me sont ouverts. J’aime cette idée. Pour la première fois depuis mon retour, je me sens apaisée. J’ai enfin accepté que je ne voulais pas planifier ma vie, mais la vivre, quoi qu’il arrive.

Souhaitez moi bonne chance !