Vendredi était mon dernier jour en tant que titulaire d’un CDI (relativement) bien payé dans une boîte (ô combien trop) sérieuse. Adieu congés payés, heures supp, 13è mois, et… respectabilité ?
C’est ce que je commence à me demander. Cela ne fait même pas une semaine que me voici chômeuse (même si je continue quelques jobs en freelance) et voici que je me heurte déjà à l’incompréhension de mes semblables. Dernière remarque en date : « Mais à quoi ça sert d’avoir quitté ton boulot si tu ne quittes pas la France tout de suite, mis à part à ne plus avoir d’argent? ». Ambiance. Je peux comprendre qu’une certaine bienveillance / inquiétude puisse éventuellement se cacher derrière de tels propos, mais soyez sympas, si vous avez des gens dans votre entourage dans la même situation que moi, abstenez-vous. Il est déjà suffisamment difficile de prendre la décision de quitter une situation confortable mais qui ne nous convient pas, d’affronter les questions et réflexions des gens qui ne nous sont pas trop proches, de se retrouver en hyper ventilation à 1h du mat en se demandant comment budgétairement on va survivre et par conséquence finir par mettre en vente la moitié de ses affaires sur LeBonCoin, d’avoir l’impression que c’est tous les jours dimanche et se retrouver quasi exclusivement entouré de personnes de plus de 60 ans quand on sort de chez soi (que les choses soient claires, je n’ai rien contre les personnes de plus de 60 ans, en général).

J’ai eu la chance d’avoir des amis qui, pour les 3/4, m’ont comprise et m’ont supportée dans ma décision. C’est pourquoi cette question, pas si anodine, posée hier, m’a mise vraiment mal à l’aise. Pour y répondre plus posément, je suis partie parce que je ne me sentais pas bien. Parce que je sais que plus on attend, plus on s’installe dans des habitudes, et plus c’est dur de s’y arracher. Parce que je ne peux pas décider de la suite en ayant l’impression d’être coincée dans une situation qui ne me plaît pas et me prend mon énergie. Parce que je dois être libre pour pouvoir essayer.

Je n’ai aucune visibilité sur mon avenir après le 15 septembre. Tout ce que je sais, c’est que je vais voir de la famille en août, que je pars à Naples avec Cécilia fin août, et que je viens de m’inscrire pour 10 jours de méditation Vipassana en tant que servant du 1er au 10 septembre. J’ai ensuite un séminaire d’information pour en apprendre plus sur les missions humanitaires. Entre temps, je vais finir mon CV, postuler aux ONGs qui m’intéressent, faire quelques missions en freelance, me remettre à écrire pour de vrai, et faire le tri dans ce qui est important pour moi, et ce qui ne l’est pas.

C’est un choix qui peut paraître risqué, en cette période de crise (sérieusement, vous n’en avez pas marre de parler de la crise ?), stupide, incompréhensible. Soit. Mais c’est mon choix (Evelyne Thomas Forever), ne le remettez pas en question. 🙂