Dimanche matin, je quitte Tokyo. 3 trains et près de 10h de trajet m’attendent, pour rejoindre Sapporo, sur l’île d’Hokkaido.
Deux trucs vraiment chouettes, avec les trains japonais, c’est qu’ils sont chauffés (la SNCF pourrait en prendre de la graine…) et qu’il y a vraiment de la place pour étendre ses jambes et poser son sac à ses pieds. Mon voyage se passe sans problème, j’ai le temps de bosser et d’admirer le paysage, de plus en plus enneigé. Une personne douée de bon sens se serait dit, en voyant cette neige, qu’il allait faire froid en arrivant à Sapporo, et se serait donc préparée en conséquence. Mon bon sens s’étant visiblement fait la malle, je me suis juste dit que c’était fort joli, et que j’allais enfin pouvoir faire des photos avec de la neige. C’est ainsi que je me suis retrouvée à sortir en sweat et veste, avec un foulard léger en guise d’écharpe. Autant vous dire que j’ai eu froid ! Tomoka m’avait prévenue qu’il ferait un peu plus frais à Sapporo qu’à Tokyo, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait un écart de 20°C ! Ceci dit, ne prenant jamais la peine de vérifier la météo et espérant toujours que le temps s’adaptera à ma tenue vestimentaire, plutôt que l’inverse, ce qui fonctionne une fois sur cinquante, je ne devrais plus m’étonner de rien…
La sortie de métro à Susukino est un enfer. Il fait nuit, super froid, il neige fortement, je suis à un grand carrefour et je ne sais pas où je dois aller (j’oublie régulièrement de regarder le trajet à emprunter pour me rendre dans mes hébergements. Il m’est même arrivé de me rendre compte une heure avant d’arriver que je n’avais pas l’adresse. Je pense que j’ai un peu trop tendance à m’en remettre à ma bonne étoile…).

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Me connaissant suffisamment pour savoir que j’ai trois chances sur quatre de prendre la mauvaise rue, et ne souhaitant pas tourner en rond pendant une demi-heure, je saute sur un taxi. La course aura duré trois minutes et m’aura coûté 5 euros, mais je ne la regrette pas !

Mon auberge est mieux qu’à Tokyo, et les couvertures sont bien chaudes, un bonheur !

Le lendemain, je pars chez un loueur de voitures pour en réserver une. Mauvaise surprise : le permis international français n’est pas reconnu au Japon, car il dépend de la convention de 1968 et le Japon ne reconnait que la convention de 1948. Pourquoi, mystère. Si quelqu’un a la réponse, je suis curieuse de le savoir (mais pas assez pour faire la recherche moi-même). Un peu dépitée, je me mets à errer en ville en me demandant comment visiter Hokkaido. Les trains et les bus ne me permettront pas de voir tout ce que je veux. Je décide donc d’aller à l’office du tourisme de la gare principale, pour avoir plus de renseignements. Et là, miracle, on me dit qu’il faut que j’aille faire traduire mon permis français à la JAF (Japanese Automobile Federation), et que ça suffira ! Sauf que lundi 21 mars est férié pour les japonais, et qu’il me faut donc attendre une journée. Armée de nombreuses cartes, je pars voir un autre concessionnaire auto, avec un bon de réduction de 20% donné par l’office du tourisme (qui m’a aussi filé des coupons pour avoir du coca gratuit dans les 7/11 !), et l’assurance qu’ils parlent (un peu) anglais. Bingo, ils me donnent tous les renseignements dont j’ai besoin, ainsi que l’adresse de la JAF.
Pour ceux qui prévoiraient de conduire au Japon, il faut donc une traduction certifiée qui ne peut être émise que par la JAF (donc au Japon, pas possible de la faire en France). Elle coûte 25 euros et est valable aussi longtemps que le permis. Il faut juste télécharger un formulaire sur leur site et leur apporter avec le permis.

Je finis mon petit tour de Sapporo, dont je ne suis pas très fan, et rentre faire mes plans de route.

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Ce matin, je pars de bonne heure à la JAF. Je suis un peu inquiète. Pour avoir bossé dans l’administration française, je ne sais que trop bien à quel point la moindre démarche peut être longue et fastidieuse. Heureuse surprise ! Quand j’arrive, on prend ma demande immédiatement et on m’annonce que ce sera prêt dans 30 minutes. J’en profite donc pour aller voir le dôme, qui abrite des événements sportifs et se trouve dans le quartier :

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Quand je repasse à l’agence 20 minutes plus tard, c’est déjà prêt ! Les Japonais sont merveilleux. Un saut à l’agence de location, réservation effectuée pour 3 jours à partir de demain ! Je suis un peu nerveuse à l’idée de conduire ici. Je n’ai pas conduit de voiture depuis la Nouvelle Zélande il y a un an et demi. D’un autre côté, le sens de conduite est à gauche dans les deux pays, donc je devrais m’y remettre vite. Espérons ! Si vous n’entendez plus parler de moi, le verglas aura eu raison de moi, à moins que ce ne soit un ours (j’ai été voir The Revenant au ciné avant de partir au Japon. Très bon film, mais je suis vaccinée à vie contre l’envie de m’approcher de trop près d’un ours. 3 km me semblent la distance minimale de sécurité).

A 11h, je suis donc dans le train pour Otaru, une petite ville côtière à 40 minutes de trajet. A mon arrivée, j’en profite pour faire un saut à Burger King. Vous serez ravis d’apprendre qu’ils font un burger sauce teriyaki. Non, je n’ai pas goûté. Ma curiosité culinaire a ses limites.

J’ai pu également voir cette mignonne statuette :

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Puis direction le port. J’aime les ports d’amour. Pas les ports de plaisance, mais les vieux ports industriels, où il y a un milliard de choses à voir. Je pourrais passer des heures à m’y balader (mais pas de nuit, n’exagérons pas). En l’occurrence, j’y ai passé deux heures. Je trouve que la lumière est particulièrement belle ici.

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Puis direction le canal, qui a un charme désuet qui n’est pas pour me déplaire !

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De retour à mon auberge, j’apprends qu’il y a eu des attentats à Bruxelles. Même si ici, on se sent bien loin de tout ça, je me rappelle l’angoisse que j’avais pu ressentir lors des attentats du 13 novembre à Paris, ce sentiment d’insécurité. Quel gâchis, encore une fois, et quelle tristesse. Espérons que cela forcera le monde à se mobiliser plus sérieusement contre la menace que représente l’EI…