Mon retour à Osaka est plus compliqué que prévu. Une fois de plus, l’imprécision des adresses japonaises me donne envie de pleurer. C’est difficile à imaginer, tant qu’on ne l’a pas vécu. Imaginez vous avoir une adresse qui correspond grosso modo à un quartier. Voilà. Et débrouille toi coco… Les japonais ont pourtant l’esprit pratique sur plein de choses… Bref. Arrivée à ma station, il me faudra l’aide de 4 personnes pour trouver mon appartement. Apparemment, les japonais sont tout autant perdus avec leur système. Mais comme ils sont quand même très gentils, c’est difficile de s’énerver. Arrivée après beaucoup trop de temps à mon appartement, je trouve la boite aux lettres supposée contenir ma clé. Elle est fermée par un cadenas. Je rentre le code, ça s’ouvre. Tout va bien. Sauf que… La boite en plastique qui se trouve dans la boite aux lettres est… vide ! Moment de désarroi. J’essaye d’appeler à plusieurs reprises le numéro de la nana qui me loue son appart. Bien évidemment, pas de réponse. Pas de wifi, donc impossible de me connecter pour lui envoyer un email (j’ai fait l’erreur stupide de me connecter quelques minutes à Tokyo pour trouver mon chemin. Plus jamais. Je crains que mon banquier n’en soit mort… Ceci dit, comme à la banque postale, ils changent tous les trois mois, je ne connais pas le dernier en date, et me sens donc un peu moins coupable). Me voilà donc en bas d’un immeuble, avec mon gros sac à dos, un portable qui ne me sert à rien, et l’incapacité totale de retrouver mon chemin vers la gare… Par curiosité, je monte vers l’appartement. Je frappe. Pas de réponse. J’essaye la poignée. Fermée à clé. La serrure n’a pas l’air bien compliquée à crocheter, mais naturellement, je n’ai pas mes outils sur moi (oui, pour ceux qui ne le savent pas, je prends des cours de crochetage à mes heures perdues. Principalement pour éviter de me retrouver dans ce genre de situation. Ironique, non ?). Il y a une fente dans la porte, une sorte de petite boite aux lettres. Je l’ouvre, et j’aperçois un truc doré au fond. La clé ! Je passe avec difficulté ma main, mais c’est beaucoup trop profond. J’essaye avec un stylo, mais c’est encore trop loin. Je me rappelle alors avoir mis dans mon sac la veille des baguettes données dans un combini, en me disant que ça me servirait bien un jour. Je ne me doutais pas qu’elles allaient m’aider à rentrer dans mon appartement 24h plus tard ! En effet, à force de contorsions, je retire au bout de quelques minutes la clé, et une main passablement rougie (heureusement que j’ai les poignets fins !). La porte s’ouvre enfin, et me voilà installée. Je ne sais pas si, techniquement, je suis rentrée par effraction… J’aime beaucoup passer par AirBnB, pour avoir un vrai logement pas trop cher, et voir comment les gens vivent, mais c’est toujours un peu l’angoisse de savoir comment récupérer les clés. Fallait bien que ça m’arrive un jour. Je pense que la morale de cette histoire est donc qu’il faut toujours avoir des baguettes sur soi. Quand on y réfléchit, les utilisations sont multiples : récupérer des clés dans une boite aux lettres, manger des nouilles ou du riz, s’attacher les cheveux quand ils sont longs, servir de chausse-pieds, crever les yeux de quelqu’un qui vous agresse… Quelle merveilleuse invention, y a pas à dire, les japonais sont forts (sauf pour les adresses).

Après un tel périple, je décide de ne pas ressortir. De toute façon, il pleut. J’en profite pour finir La fin des temps. J’aime vraiment vraiment beaucoup Murakami ! Je décide donc de partir en quête d’un autre de ses romans dans les méandres de l’internet. Après un rapide coup d’oeil sur Amazon, je manque décéder. Je n’achète jamais de Ebooks, et maintenant, je sais pourquoi. 15 euros !!! 15 euros pour un tome de 1Q84 !!! Soit 45 euros pour la trilogie (oui, je suis forte en maths) !! Que quelqu’un m’explique, par pitié, ce qui justifie un tel prix. Je veux bien comprendre les droits d’auteur, mais 15 euros !! Pour un ebook, donc sans frais d’impression et de production. Sérieusement ? Je décide donc de chercher si je ne peux pas le trouver autrement. Je finis par tomber sur un site qui le met à disposition en format epub. Format que naturellement, mon Kindle Amazon ne lit pas (merci pour rien Amazon). Après quelques recherches, je découvre qu’il existe des convertisseurs d’Epub en PDF ! Je n’utilise mon Kindle qu’en voyage, donc peut être que tout le monde est déjà au courant, mais moi je ne savais pas que ça existait, et je suis très contente de cette découverte, qui m’a permis de bien avancer sur le tome 1 de 1Q84.

Aujourd’hui, je décide d’aller au Mont Koya, ou Koya-san, pour voir des temples (histoire de changer un peu…). C’est à un peu plus d’une heure de train d’Osaka, et il faut ensuite prendre un funiculaire et un bus pour arriver dans la ville. On y trouve 52 temples. Autant vous dire que je n’ai pas tout visité ! J’ai fait les principaux, et ça m’a suffi.

J’avais envie de commencer par le cimetière Okunoin, très grand, qui abrite le mausolée de Kukai (à ne pas confondre avec la marque de vêtements homophone). J’aime bien les vieux cimetières. Nulle tendance nécrophile, je vous rassure, mais je leur trouve un côté apaisant. Et dans celui ci, on trouve de tout !

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Il est interdit de prendre des photos dans le mausolée, qui est l’un des lieux les plus sacrés du Japon. Il ne me reste donc qu’à vous le décrire.

Fermez les yeux et imaginez vous des arbres hauts et fins, qui élancent leurs branches vers le ciel, jusqu’à caresser les nuages, 10 mètres au dessus du sol ; une brise légère, qui adoucit la chaleur du soleil sur votre visage ; un temple de vaste proportion, délicatement éclairé par la faible lueur émanant des centaines de lanternes dorées accrochées au plafond et le long des murs, semblables à une tapisserie faite d’or. L’odeur de l’encens, dont de nombreux bâtons sont plantés dans de larges pots en fer, est entêtante. Et partout, le silence. Les gens se recueillent et prient. A quels dieux adressent-ils leurs prières ? Je l’ignore. C’est un secret qui ne regarde qu’eux. Et peu importe, car après tout, tous les dieux sont les mêmes. Quant à ce qu’ils souhaitent, ce n’est pas difficile à imaginer. Ils souhaitent ce que souhaitent tous les hommes : des jours meilleurs, ou la prolongation d’un bonheur qu’ils savent bien trop éphémère.
Quelques mètres plus loin, un autre bâtiment se dresse. Le temple des Lanternes. En y pénétrant, on a le souffle coupé. Il y a des lanternes partout. Des rangées de lanternes, qui brillent doucement, formant des couloirs qui invitent à s’y promener.
C’est un bel endroit.

Je referme la parenthèse descriptive, et reprends ma route vers la Grande Pagode Danjo Garan.

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J’y trouve, un peu à l’écart, un petit temple qui devient mon préféré. Ce n’est pas forcément le plus beau, mais il a un charme brut qui me plait.

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Mais ceux qui aiment la couleur apprécieront plus celui ci :

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Au temple Kongobu-ji, c’est le travail du bois qui me séduit tout particulièrement :

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En attendant le bus pour retourner à la gare, je tombe sur une boutique remplie d’articles de Totoro !! Je suis très fière de moi, je n’ai rien acheté (mais on en reparle après ma visite du studio Ghibli le 14 avril…).

Je pense que lorsqu’on a le temps, passer quelques jours sur le Mont Koya peut être agréable, surtout qu’on peut loger dans les temples. Mais ça vaut quand même le coup de faire la visite si vous n’avez qu’une journée. Il faut juste prendre en compte que vous en passerez la moitié dans les transports.

Demain, je pars explorer Kyoto !